Bettina Rheims à la Maison Européenne de la photographie

Itinéraire de Bettina Rheims à travers quarante ans de photographie

Dans mon esprit, j’associe immédiatement le nom de Bettina Rheims à celui d’I.N.R.I., une série de photographies dans laquelle l’artiste donnait une version très personnelle (et très controversée) de la vie du Christ.

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Au-delà de ces clichés, je ne connaissais pas du tout le travail de cette artiste, aussi j’étais vraiment curieuse de voir les oeuvres exposées jusqu’au 27 mars 2016 à la Maison Européenne de la photographie. Loin d’être prude, je dois avouer que certaines photos m’on choquées (trop violentes, trop pornographiques ou tout simplement pas à mon goût), tandis que j’ai eu un véritable coup de coeur pour les portraits. Dans tous les cas, une chose est incontestable : le talent artistique de Bettina Rheims. D’un point de vue esthétique et technique, toutes ses photos frôlent la perfection.

La première salle de l’exposition est une véritable introduction visuelle aux personnages qui peuplent l’oeuvre de Bettina Rheims. Le visiteur est confronté aux codes de la féminité, et plus particulièrement à la question de l’identité. Car l’oeil de Bettina Rheims embrasse les transgressions et abolit les conventions pour révéler l’intimité la plus profonde et la plus universelle.

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Bettina Rheims s’est approprié les codes de la photographie de nu pour les détourner et placer la question de la féminité au cœur de sa pratique. Elle met en danger autant qu’elle sublime la beauté de ces modèles. Mises à nu, vacillantes ou triomphantes, elles bousculent et intimident le spectateur. Au-delà de la question de la féminité, Bettina Rheims a également exploré la question du genre, repoussant les codes de la représentation avec sa série Modern Lovers (1990), présentée ici conjointement avec son pendant le plus récent, Gender Studies (2011) et la série des Espionnes (1992). Il s’agit toujours d’une mise à nu, des corps mais aussi des sentiments profonds de ces êtres qui se révèlent dans un entre-deux équivoque. Cet intérêt pour l’équivoque et le jeu des contraires transparait également dans la série Shanghai (2002). Photographiant des situations inattendues, Bettina Rheims montre les femmes chinoises partagées entre la culture avec laquelle elles ont grandi et une modernité fantasmée.

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Portraitiste brillante, Bettina Rheims a su imposer dans l’imaginaire collectif les visages qui peuplent son monde. Ses héroïnes, les femmes anonymes ou célèbres passées devant son objectif, sont photographiées avec la même bienveillance, comme tend à le montrer la scénographie de l’exposition, qui présente en regard, les portraits des idoles de la musique des années 2000 et ceux des femmes détenues dans les prisons françaises, sa toute dernière série. Bettina Rheims est avant tout une faiseuse d’images, qui défend dans sa pratique une tradition picturale séculaire. La plupart des photographies de Bettina Rheims témoignent de cet héritage, par un travail sur la composition et la narration notamment. Elles sont construites pour raconter une histoire, que ce soit celle du Christ dans la série I.N.R.I. (2000) ou encore celle de ces Héroïnes (2005), mystérieuses allégories de la mélancolie, série qui marque, pour Bettina Rheims, un retour à la tradition de la chambre photographique.

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Bettina Rheims – Jusqu’au 27.03.2016 à la MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE – 5/7 Rue de Fourcy 75004 Paris- Ouvertdu mercredi au dimanche, de 11h à 19h45. Fermé lundi, mardi, jours fériés, et périodes d’inter-expositions. Fermeture des caisses à 19h30.

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