Grossesse et alcool : quels mots pour en parler ?

Zéro alcool pendant la grossesse, un sujet encore tabou

Depuis quelques années maintenant, les médias et les institutions sanitaires tentent de faire passer un message clair : grossesse et alcool ne font pas bon ménage. Quand j’étais enceinte, la décision de ne pas boire n’a nécessité aucun effort, puisque je suis une consommatrice occasionnelle : je bois de l’alcool uniquement au restaurant ou lors d’une réception (soit une à deux fois par mois, parfois moins, rarement plus). Si en observant mon entourage, j’ai le sentiment que la grande majorité des femmes entend ce signal d’alarme, et cesse toute consommation d’alcool (même les plus grandes consommatrices), il existe des exceptions. Et j’ai trouvé particulièrement difficile d’en parler lorsque j’ai croisé le chemin d’une femme qui buvait pendant ses grossesses.

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J’ai connu cette jeune femme à une l’époque où, je n’étais pas maman. Elle attendait son premier enfant. C’était pourtant sa seconde grossesse. La première avait été interrompue un mois avant le terme… Cette douloureuse épreuve justifiait ses écarts : elle ne voyait pas de raison à se sevrer complètement, alors qu’elle avait vécu l’horreur en adoptant un comportement irréprochable la première fois. Aussi, elle estimait qu’un verre de temps en temps ne pourrait pas lui faire de mal. J’étais convaincue du contraire. Mais je n’ai jamais osé partager avec elle mes craintes, quant au bien-fondé des quelques verres qu’elle s’accordait. Je craignais qu’elle ne s’offusque, d’une discussion amenée par une personne sans enfant, et n’ayant pas traversé ses épreuves. Timidité ? Pudeur ? Je crois surtout que je me suis montrée lâche. J’ai préféré me taire plutôt que de passer pour une donneuse de leçon. Je voulais rester sympa. De même que toutes les personnes de notre entourage. Nous avons été lâches. Et ce à quatre reprises, puisqu’elle a eu quatre enfants. Par bonheur, tous grandissent bien. Mais qu’en aurait-il été dans le cas contraire ? Nous aurions amèrement regretté notre silence, en nous disant : « Si j’avais su, je lui aurais parlé ». Car nous pensions tous qu’elle prenait un pari bien trop risqué.

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Si je pouvais revenir en arrière, je sais désormais que je lui parlerais. Je ne me lancerais pas dans une énumération de chiffres et de statistiques. Elle les connait déjà. Comme tout le monde. Je lui dirais simplement que je désapprouve son choix, mais qu’elle peut compter sur moi, qu’on peut en parler. Je lui dirais une seule fois. Mais je le lui dirais.

Si vous êtes enceinte, n’hésitez pas à rappeler à votre famille et vos amis que pendant 9 mois c’est zéro alcool. Si le sevrage se révèle difficile, sachez qu’il existe des équipes spécialisées pour vous aider avec bienveillance et sans jugement. Toute période d’abstinence d’alcool pendant la grossesse est bon pour votre bébé quel que soit le stade de votre grossesse. Vous trouverez les adresses les plus proches de chez vous directement sur alcool-info-service.fr ou en téléphonant au 0 980 980 930 (7 jours/7, de 8h à 2h, appel anonyme et non surtaxé).

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7 réflexions sur “Grossesse et alcool : quels mots pour en parler ?

  1. Pendant très longtemps, on faisait boire les futures mamans pour arroser l’heureux évènement. J’ai du lutter à chaque fois pour refuser, ce que les anciens prenaient mal!
    Le truc, c’est qu’en vrai, il y a plein de moments où boire un tout petit peu n’aura pas d’effet, mais qu’il suffit de boire à un moment où les neurones se mettent en place pour que ça se passe mal (et on en sait pas quand)…un risque à ne pas prendre!

  2. Je comprends tout à fait ton point de vue, je me vois mal dire à une femme enceinte ce qu’il ne faut pas faire alors que moi-même ne suis jamais passée par là.
    Pendant la grossesse de ma belle-soeur, elle s’accordait un petit verre de vin rouge de temps à autres (mais le moins possible), son médecin le lui avait accordé. Là que dire?!

    Je pense que c’est un risque à ne pas prendre en effet.

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